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Le chasseur de licornes

Pratiquement toutes les start-up ou presque dépendent, un jour ou l’autre, d’investisseurs. Daniel Gutenberg est l’un des investisseurs suisses les plus connus et performants. Il a le nez pour les start-up prometteuses et s’est fait un nom ainsi qu’une fortune en investissant dans Nestcape, Facebook, Sumup uvm. En interview, Daniel Gutenberg livre quelques astuces utiles aux créateurs de start-up.

Monsieur Gutenberg, en tant que start-up investor, vous êtes souvent qualifié de chasseur de « start-up licorne » (terme utilisé pour qualifier les start-up valorisées à plus un milliard de dollars). Quelle est la recette pour créer une « start-up licorne » ?

La recette est simple : vous devez amener sur le marché quelque chose qui intéresse un million de personnes et pour laquelle ces personnes sont prêtes à dépenser un dollar.

Cela semble simple. Vous êtes connu pour privilégier la personnalité des CEO des start-up. Quelle est la qualité la plus importante qu’un créateur de start-up doit avoir ?

Un créateur a besoin d’attention et d’énergie pour aller au bout de son projet, également en temps difficiles, lorsque cela ne fonctionne pas ou pas encore bien. A mes yeux, un autre aspect important est la loyauté. Je n’investirai jamais dans une entreprise si j’ai des craintes quant à la loyauté de son CEO.

Que conseillez-vous à quelqu’un qui souhaiterais créer une start-up ?

Si tu es sûr, alors n’attends pas jusqu’à ce que ceci ou cela arrive : fais-le. Il faut du courage, hésiter n’amène à rien.

Comment trouver au mieux un investisseur, comment les créateurs de start-up doivent-ils s’y prendre ?

Mon expérience m’a montré que c’était dans son propre environnement que l’on trouvait le plus facilement des investisseurs. Il faut faire le plus souvent possible des pitchs et demander des recommandations à son entourage. Pour cela, il est important de ne pas se déconsidérer.

A quoi les créateurs de start-up doivent-ils encore faire attention ?

Je ne fais pas de longs business plans. Je ne veux pas savoir au centime près à quelle hauteur pourraient s’élever les frais de téléphone ou de port en 2021. Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les apports pour le client. Beaucoup de business plans exposent tout ce qui est possible, particulièrement de quelle manière la start-up doit être attractive pour les investisseurs. C’est une fausse approche. Pour moi, l’important, c’est le créateur lui-même et sa vision. A quel point croit-il en son idée, quels risques est-il prêt à prendre ? Celui qui n’a que le salaire en tête n’aura pas la motivation suffisante pour continuer en temps difficiles. Des périodes difficiles, il y en a dans toutes les start-up.

Dans votre vie, vous avez eu de nombreux succès, vous avez entre autres amener Internet en Europe. Quel a été, pour vous personnellement, votre plus grand succès ?

Mon plus grand succès est sans aucun doute mon entreprise Gutenberg Communication Systems. Elle a été créée en 1991 et sans emprunt externe vendue en 2000.

Sur votre site Internet, vous listez avec transparence les investissements qui n’ont pas bien fonctionné pour vous. Quel a été votre plus important échec ?

Mon plus grand échec a été lorsque, durant la même année, j’ai soutenu deux CEO criminels sans le remarquer.

Cela a l’air grave. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Lorsque j’ai remarqué les agissements criminels du premier CEO et ai voulu le faire arrêter, ce dernier était à l’aéroport avec un billet aller simple pour l’Amérique du Sud. Son casier judiciaire était apparemment si long que la police s’était déjà lancée à sa recherche cinq minutes après ma plainte. Le deuxième CEO criminel avait falsifié des documents et s’est servi dans la caisse. Avec les deux, j’ai travaillé très étroitement durant des années et n’ai rien remarqué, bien que je pense avoir une bonne connaissance des gens.

Révélez-nous dans quelle entreprise vous avez investi à ce jour avec le plus de succès de votre point de vue ?

Je ne le peux pas. Cela serait pour moi comme d’accorder ma préférence à l’un de mes trois fils. En outre, la définition du succès n’est pas si simple. Plus je deviens vieux, plus je ne vois pas le succès de mes entreprises en première ligne dans le gain financier. Je suis content si ces entreprises fournissent une contribution positive à notre monde.

Quels sont vos prochains projets ?

J’examine environ 700 projets par année et en soutiens environ cinq. Si ceux-ci se trouvent dans mes domaines d’investissements privilégiés comme la blockchain, IA, Longevity ou les énergies alternatives et si elles auront du succès, on le verra par la suite, si on en arrive là.

Ariane Modaressi

Mardi, 04. Févr. 2020

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Qui est Daniel Gutenberg ?

Daniel Gutenberg est l’un des investisseurs suisses les plus connus et performants. Lors de la première vague technologique, il a entre autres commercialisé Netscape avec son entreprise Gutenberg Communication Systems AG et a amené Internet en Europe. Depuis qu’i a vendu avec succès son entreprise, en 2000, il se présente comme un Business Angel et (a) investit dans de nombreuses start-up, entre autres Facebook et le système de paiement Sumup. Le Zurichois a suivi une formation technique et a d’abord travaillé en tant que professeur de surf à Hawaï. Il accompagne des start-up depuis 15 ans en tant qu’investisseur et conseiller.

Depuis 2003, il est associé de VI Partners (Venture Incubator), une société suisse de capital-investissement. En 2011, il a été élu Business Angel of the Year par The Swiss Private Equity & Corporate Fiance Association (SECA).