JavaScript ist in Ihrem Browser deaktiviert. Ohne JavaScript funktioniert die Website nicht korrekt.
Le magazine en ligne d’Employés Suisse

ensa - premiers secours en santé mentale

Chacun devrait être en mesure d'aider une personne touchée par des difficultés psychiques, tel est l'objectif des cours de premiers secours ensa. Ceux qui y participent font non seulement du bien aux autres, mais apprennent aussi beaucoup sur leur propre santé et leur équilibre de vie.

Si quelqu'un risque la noyade ou a une hémorragie grave, nous savons immédiatement ce qu'il faut faire et nous agissons en conséquence. Mais si un collègue de travail semble se renfermer de plus en plus et communique de moins en moins, ou si un ami boit soudainement beaucoup d'alcool, nous sommes étrangement perplexes et n'osons pas aborder la situation avec la personne. Pourtant, les premiers secours sont tout aussi importants ici qu'en cas d'accident !

C'est à cela que s’attaque les cours de premiers secours en santé mentale de Pro Mente Sana, soutenus par la Fondation Beisheim et la Fondation Ernst Göhner en Suisse romande. Ils permettent aux personnes de prodiguer les premiers secours en santé mentale et d’encourager le recours à une aide professionnelle. Le programme de l'ensa a été développé sous le nom de « Mental Health First Aid » en Australie et lancé en 2019 par Pro Mente Sana. Le mot « ensa » signifie « réponse » dans la langue des aborigènes d'Australie. Plus de trois millions de personnes ont déjà suivi un tel cours à travers le monde. En Suisse, des cours sont proposés aux adultes (avec un accent sur les adultes ou les jeunes) et aux cadres. Toutes les informations sur les cours se trouvent sur le site web d’ensa

Cours pour les profanes

Au début du cours pour adultes de l'ensa, auquel j’ai participé pendant quatre demi-journées, la responsable du cours, Renata Merz, psychologue diplômée, souligne un point essentiel : la formation n'est pas destinée aux professionnels, mais, comme les cours d'aide d'urgence classiques, aux profanes sans formation en psychologie. Il s'agit avant tout de fournir une première aide et de soutenir les personnes concernées. En aucun cas, il s’agit d’apporter une aide spécialisée ou d’établir des diagnostiques. Notre rôle est concrètement le suivant : parler à la personne, l'écouter, lui apporter un soutien et l’encourager à demander une aide professionnelle.

« Ne rien faire est toujours faux », déclare Renata Merz. Si la vie d'une personne est en danger, il existe même une obligation de fournir une aide d'urgence en Suisse. Cela peut être le cas non seulement en cas d'accident, mais aussi si une personne exprime des intentions suicidaires. Vous devez donc agir, mais ne vous inquiétez pas de faire quelque chose de mal. En tant que profane, vous ne pouvez être poursuivi que pour défaut d'action, mais jamais pour une mauvaise aide d’urgence.

Dans ce cours, nous apprenons les aspects les plus importants sur les différents troubles mentaux et nous sommes formés à notre rôle de secouristes. Cela se fait par le biais de jeux de rôle dans lesquels nous acquérons de l’expérience. Jouer le rôle d'une personne affectée permet également de tirer des enseignements précieux, notamment pour notre propre bien-être.

Tous les débuts sont difficiles

Comme vous pouvez l'imaginer, le plus difficile est de savoir comment aborder une personne chez qui on constate un changement de sa santé psychique. Dans le cours, nous apprenons qu'un environnement approprié et calme est nécessaire et qu'il est préférable de commencer par la situation dont souffre la personne. Par exemple, si la personne se plaint de ne pas bien dormir, vous pouvez lui demander quelles en sont les raisons, quels en sont les effets et ce qui pourrait l'aider. Les secouristes doivent écouter avec ouverture et sans jugement et toujours prendre au sérieux ce que dit la personne. Même s'il vous est difficile de comprendre ou si ce que vit la personne atteinte de troubles psychiques vous semble absurde, c'est toujours la réalité pour elle et les secouristes doivent partir de ce constat. Ils doivent mettre de côté leurs propres valeurs ou attitudes et écouter et communiquer sans parti pris. Il est totalement inutile de critiquer ou de faire la morale aux personnes concernées. Il est beaucoup plus important de donner de l'espoir, de montrer des voies, de fournir un soutien et d'activer des ressources.

Avec un mot simple à retenir « ROGER », vous savez comment agir :

R : réagir, aborder la personne, évaluer, assister

O : offrir une écoute sans jugement

G : guider, soutenir, informer

E : encourager à rechercher une aide professionnelle

R : renforcer les autres ressources disponibles

Comme les problèmes psychiques sont encore stigmatisées et que de nombreuses personnes en ont honte ou se sentent coupables, il se peut qu'une personne ayant des problèmes psychiques hésite à demander une aide d'urgence. Dans de tels cas, il nous est conseillé de maintenir l'offre de dialogue et d'aide et d'assurer un suivi ultérieur. Parfois, il faut trois tentatives, voire plus.

Agir immédiatement si l'on soupçonne un suicide

Les situations de crise sont particulièrement difficiles pour les secouristes. Par exemple, si on soupçonne des pensées suicidaires chez une personne, il faut les aborder dans tous les cas. Les secouristes doivent apporter un soutien à la personne concernée ou faire appel aux secours d’urgence professionnel (ambulance, police, pompier). Ils doivent alors rester avec la personne jusqu'à leur arrivée.

Si une personne fournit des premiers secours en santé mentale, elle ne doit pas divulguer ces informations à des tiers. La seule exception concerne le risque de suicide : dans ce cas, il est obligatoire d'informer des tiers - même si la personne concernée ne le souhaite pas explicitement.

« En tant que secouriste, vous devez prendre soin de votre propre santé mentale », conseille Renata Merz, « prenez soin de vous ». Il peut arriver qu'une conversation devienne soudainement trop stressante pour le secouriste. Dans ce cas, Renata Merz recommande d'appuyer sur le bouton pause. Il est également possible d'interrompre complètement une conversation et de la reprendre un autre jour.

Les maladies psychiques sont très répandues en Suisse et sont responsables de trois fois plus de décès que la circulation routière (environ 1100 personnes par an). Cependant, ces maladies peuvent en règle générale être bien traitées. Plus elles sont reconnues tôt, plus les chances de guérison (pronostics de guérison) sont grandes et moins les personnes touchées et leur entourage souffrent. C'est pourquoi les secouristes en santé mentale jouent un rôle très important. Leurs premiers secours fonctionnent et cela a été prouvé.

Dans ce cours, j'ai appris comment reconnaitre les troubles psychiques et quand il faut s'alarmer. Mais le plus important, c'est que je sais maintenant comment approcher les personnes concernées avec habileté et comment leur apporter de l'aide – et je me sens en confiance pour le faire, ainsi mon objectif principal est atteint.

Employés Suisse tient à ce que le plus grand nombre possible de personnes puissent bénéficier de premiers secours en santé mentale. C'est pourquoi nous vous recommandons les cours de l'ensa, à vous et à vos collègues ! Plus d’information sur le site web d’ensa:

Hansjörg Schmid

Vendredi, 05. Nov. 2021

retour à la vue d'ensemble

Partager:

Cours ensa premiers secours focus adulte

Les cours ont lieu en ligne et comprennent 7 modules de 2h (en soirée) ou 4 modules pour la version compacte (demi journée).

Voici les prochains cours organisés :

  • Cours du 03.12.21 au 16.12.21, de 19h à 21h (7 modules en ligne)

Inscription et détails

  • Cours du 27.12.21 au 30.12.21, de 13h à 17h (4 modules en ligne)

Inscription et détails

 

Pour plus d’informations sur les cours ensa en français, cliquez ici