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Le magazine en ligne d’Employés Suisse

Une CCT qui doit garantir protection et flexibilité

Plus de 2% des actifs travaillent en intérim et ce pourcentage ne cesse d’augmenter ces dernières années. Offrir une protection aux travailleurs temporaires tout en garantissant une flexibilité aux entreprises de location de services est essentiel.

En 2017, les services de quelque 370 000 travailleuses et travailleurs ont été loués en Suisse. Six ans plus tôt, en 2011, 100 000 personnes de moins louaient leurs services. Le constat est flagrant : le travail temporaire que ce soit la location de service ou le placement de personnel a connu une croissance importante prenant ainsi du terrain sur le travail fixe. Comment une telle évolution s’explique-t-elle ?

Flexibilisation ou précarisation ?

« Dans un contexte de mondialisation, de digitalisation et de robotisation de l’économie, où la production devient toujours plus rapide et flexible, [le travail temporaire] répond à un besoin des employeurs autant que des salariés », affirmait Marco Taddei, responsable romand de l’Union patronale suisse dans un article publié 29 mai 2017 dans le journal Le Temps.

Tout le monde ne partage toutefois pas cette vision du travail temporaire répondant à des besoins à la fois des employeurs et des employés. Du côté des organisations de travailleurs, la hausse du travail temporaire est considérée, par certains, comme une précarisation des conditions de travail. Nous reviendrons plus tard dans cet article sur la réponse commune donnée par le patronat et les organisations de travailleurs pour que la balance entre le besoin de flexibilité des entreprises et le besoin de protection des travailleurs soient trouvée. Avant cela, intéressons-nous un peu plus au profil des travailleurs intérimaires.

Qui sont les temporaires ?

Homme jeune, étranger, travaillant dans le secteur de la construction et peu ou pas qualifié : c’est la première image du travail temporaire qui me vient à l’esprit – une image certes un peu caricaturale. Les statistiques issues d’une étude de Swissstaffing, le centre de compétence des prestataires de services de l’emploi suisses, la confirment en partie.

Réalisée en 2014, l’étude montre qu’une majorité de travailleurs temporaires sont des hommes, 68% contre 32 % de femmes. En 2014, la part d’étrangers et d’indigène était équilibrée. Néanmoins, ces dernières années, la part des premiers a augmenté et a atteint les 60%. Un autre préjugé se confirme : celui de la jeunesse des travailleurs intérimaires. En effet, 27% d’entre eux à moins de 26 ans alors que seulement 3,5 % des plus de 40 ans sont des travailleurs temporaires. Notons que la part des 40 ans et plus ne cesse d’augmenter depuis 2006 selon l’étude de Swissstaffing.

Une répartition plus ou moins équitable entre les secteurs

Pour le reste, il faut revenir sur les idées reçues. Le travail intérimaire se répartit de manière plus ou moins égale dans les domaines économiques : 27 % dans le secteur de la construction, 37% dans celui de l’industrie et 39% dans celui des prestations de service. Dans l’industrie, ce sont surtout dans les branches de l’industrie des machines et électronique que ce modèle de travail est répandu. En 2014, tout secteur confondu, les travailleurs temporaires représentaient 2,1% des personnes employées.

Les détenteurs d’un diplôme de fin d’apprentissage, soit un certificat fédéral de capacité (CFC) sont surreprésentés chez les travailleurs temporaires par rapport aux travailleurs fixes et leur proportion par rapport aux personnes ayant un autre niveau de formation a augmenté depuis 2016. Par le passé, les travailleurs temporaires sans formation ou n’ayant effectué que la scolarité obligatoire étaient plus nombreuses. Quant à la proportion des détenteurs d’un diplôme de niveau tertiaire, elle augmente également parmi les intérimaires. Le travail temporaire ne rime donc pas toujours avec un faible niveau de qualification.

Si vous êtes intéressé à découvrir le profil de travailleurs temporaires, vous pouvez consulter une étude de 2008, également réalisée par Swissstaffing

La convention collective de travail de la location de services

Ci-dessus, nous écrivions qu’association d’employeurs et de travailleurs avaient donné une réponse commune afin que le travail temporaire reste pour tous une situation gagnante, soit d’atténuer les inconvénients du travail temporaire, tout en garantissant aux entreprises une certaine flexibilité. Cette réponse est la convention collective de travail (CCT) de la location de services.

Elle fut mise en place en 2008, avec du côté du patronat, Swissstaffing, et du côté des travailleurs, les syndicats Unia et Syna ainsi que la Société des employés de commerce et Employés Suisse. Il faudra toutefois plusieurs années avant son entrée en vigueur. Ce n’est en effet que le 1er janvier 2012, suite à sa déclaration de force obligatoire par le Conseil fédéral, que les travailleurs intérimaires ont commencé à profiter de la protection supplémentaire offerte par cet accord entre patronat et syndicat.

Les revendications de chacun prises en compte

Cette première convention de la branche prévoyait entre autres des salaires minimums par région et par qualification, un assujettissement à la loi sur la prévoyance professionnelle dès le 1er jour, droit à une formation continue payée après un engagement de trois semaines ou encore 720 indemnités journalières maladie pour les travailleurs temporaires dont l’engagement dépassait trois mois.

Au printemps 2016, après plusieurs mois de négociations, les partenaires sociaux ont renouvelé, pour la première fois et pour une durée de deux ans, la CCT. Ils se sont mis d’accord sur une augmentation des salaires minimums et de la limite du travail supplémentaire journalier de 9 à 9,5 heures ainsi que sur la suppression de la limite de la masse salariale de 1,2 millions. Ces nouvelles dispositions offraient d’un côté plus de flexibilité pour les employeurs, de l’autre, plus de protection pour les travailleurs de la branche.

Maintenir la CCT

Il y a quelques mois, les partenaires sociaux se sont à nouveau assis au tour de la table des négociations dans le but de renouveler la convention. Pour Korab Macula, responsable de la délégation de négociations d’Employés Suisse, maintenir la convention est primordial. C’est la plus importante convention collective de travail en Suisse. Précisons qu’au moment de la rédaction de cet article, l’issue des négociations n’était pas encore connue. Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter notre site internet.

Virginie Jaquet

Lundi, 10. Sept. 2018

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Travailleur temporaire et intéressé à une formation ?

Les partenaires sociaux de la CCT de la location de service encouragent la formation des travailleurs intérimaires. Un soutien financier est accordé à ces derniers sous certaines conditions pour se former. Plus d’informations en ligne.