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Le magazine en ligne d’Employés Suisse

Les voix critiques des assemblées générales

Depuis trois ans, suite à l’approbation de l’initiative Minder, des voix critiques s’élèvent parmi les actionnaires des sociétés côtés en bourse. Certains d’entre eux prennent leur responsabilité et disent non aux excès.

Pour de nombreuses entreprises, le premier semestre de l’année signifie rendre des comptes aux actionnaires. En effet, c’est souvent à cette période qu’ont lieu les assemblées générales des sociétés cotés en bourse. En 2018, par exemple, près de 190 assemblées générales de société cotées au Swiss Performance Index ont été organisées selon les données de la fondation Ethos.

A ces assemblées, en plus de devoir rendre des comptes, les entreprises doivent également prouver à leurs actionnaires que leur stratégie est la bonne et que ces derniers peuvent toujours leur faire confiance, un exercice qui n’est pas toujours évident. Alors que, pour certaines d’entre elles, l’assemblée générale se déroule sans encombre, pour d’autres, c’est un moment un peu plus difficile.

Les rémunérations excessives ne sont plus acceptées

Meyer Burger a par exemple vécu une telle situation lors de sa dernière assemblée générale au printemps 2018. L’entreprise y a vu son rapport sur les rémunérations rejeté en vote consultatif par une majorité des actionnaires – finalement sans grande conséquence vu que ce n’était qu’un vote consultatif. La majorité des actionnaires a considéré qu’un salaire de 1,1 million de francs était trop élevé pour un directeur, d’autant plus vu la situation de l’entreprise. Meyer Burger n’est pas la seule entreprise à entendre des voix critiques sur son rapport de rémunération.

En juillet 2018, la fondation Ethos notait dans un communiqué que « les propositions relatives aux rémunérations des instances dirigeantes [restaient] particulièrement contestées ». Toujours, dans le même communiqué, la fondation soulignait que, durant les trois dernières années, les rémunérations des dirigeants se sont stabilisées et qu’elles ont même connu une baisse dans certaines sociétés côtés.  Pour Ethos, ce résultat confirme que les droits accordés aux actionnaires suite à l’entrée en vigueur de l’ordonnance sur les rémunérations abusives permettent de freiner les excès.

Précisons encore que certaines entreprises n’ont vu les rémunérations de leurs dirigeants ainsi que leur rapport sur les rémunérations approuvées que grâce à de gros actionnaires, tel était le cas de Clariant ou de Straumann. Mais qui sont justement ces voix critiques aux assemblées générales ?

Des exemples de voix critiques

L’une d’entre elles est le fonds AVS, surprenant ? En 2018, le fonds AVS a refusé à huit reprises les rémunérations de comités de direction, à 43 reprises l’élection d’un membre du conseil d’administration ou encore à 13 reprises celle du président du conseil d’administration. Tous les résultats de vote aux assemblées générales du fonds AVS pour les années 2016, 2017 et 2018 sont disponibles en ligne.  

Le fonds AVS n’est toutefois pas l’actionnaire le plus critique. Selon un article du journal alémanique « Neue Zürcher Zeitung » du 6 mai 2018, l’organisme ayant ce statut est la plus grande caisse de pension de Suisse, la caisse de pension zurichoise BVK. Cette dernière a voté 14 fois non sur 21 propositions qui lui ont été soumises à l’assemblée générale d’ABB en mars 2018 et, à celle de l’entreprise Lonza, elle a dit 11 fois non sur 20 votes.

Employés Suisse demande des hausses de salaires

Du côté d’Employés Suisse, on élève aussi la voix. Dans le cadre de ses revendications salariales, l’association de travailleurs a critiqué le fait que les 120 grandes entreprises suisses cotées en bourse prévoyaient de verser 47 milliards de francs de dividendes à leurs actionnaires, soit environ trois fois plus qu’il y a dix ans alors qu’il faudrait plutôt qu’elles récompensent leurs employés pour leurs efforts fournis.  

En outre, lors de l’assemblée générale de l’entreprise Siegfried, Employés Suisse a haussé le ton par l’intermédiaire de son responsable partenariat social, Christof Burkard. Tandis que l’entreprise connaissait une solide croissance, les employés du site de Zofingue se voyaient refuser une augmentation de salaire. Il a appelé les actionnaires de tenir compte de cette situation lors du vote sur le rapport des rémunérations du conseil d’administration et de la direction.

Les assemblées générales 2019 approchent gentiment. Est-ce que cette année les voix critiques se multiplieront ? Espérons plutôt que certaines entreprises auront tiré les leçons des votes de l’année précédente et proposeront des rémunérations modérées à leurs actionnaires ? La réponse à ses questions, nous l’aurons dans six mois.

Virginie Jaquet

Mardi, 18. Déc. 2018

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