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Le magazine en ligne d’Employés Suisse

De nouvelles compétences pour le monde du travail mobile

Désormais, notre bureau ne se trouve plus seulement chez notre employeur, mais aussi à la maison, dans un espace de coworking, dans un train ou un café. Ainsi, les actifs et les employeurs sont mis face à de nouveaux défis.

Ce texte, j’ai commencé à l’écrire à la maison en home office, mais je le terminerai dans mon bureau au siège central d’Employés Suisse à Olten ou peut-être dans un espace de coworking. Dans le train, j’ai lu diverses études sur le travail mobile ainsi que les espaces de travail et c’est dans des salles de réunions que j’ai interview des experts pour mon article.

Nous pouvons travailler presque partout. Cependant, nous ne travaillons pas partout bien, souligne Hartmut Schulze. Il est responsable de l’institut de recherche et développement de la coopération à la Haute-école du Nord-Ouest (cf. son interview « Nous avons besoin de nouvelles compétences »). « Les espaces non adaptés sont ceux bruyants ou dans lesquels nous sommes souvent et fortement déconcentré. En outre, il n’est pas possible de bien se retrouver dans un flux de travail partout. Il est également pesant d’être dans un lieu où l’on se sent déranger ou dans lequel on ne peut pas bien se concentrer, ne pas changer de places de travail, ne pas se déplacer. C’est difficilement supportable. » Comme exemple d’un tel environnement de travail, le professeur mentionne les open spaces non différenciés. « Selon notre expérience, les open spaces ne fonctionnent que s’ils sont organisés en différentes zones ». Hartmut Schulze utilise lui-même les différentes zones d’un bureau multi-espaces à la Haute-école.

De nouvelles compétences sont nécessaires

« Le travail devient plus exigeant, plus cognitif, plus intellectuel, mais également plus varié », constate Hartmut Schulze, « Nous devons plus souvent analyser, rechercher, exploiter des données, condenser et présenter. De ce fait, une compétence essentielle est la capacité de pouvoir réfléchir à l’endroit idéal pour réaliser au mieux une tâche déterminée. C’est ce que nous appelons la compétence spatiale. En plus de la compétence spatiale, les personnes travaillant de manière flexible et mobile doivent également se demander si elles veulent travailler totalement seules ou parmi d’autres personnes, jusqu’où et quand elles veulent intégrer les sphères de travail et privé et les séparer, à quel moment elles veulent être joignables. Hartmut Schulze résume ces compétences sous le concept de compétence d’auto-gestion.

Maintenir ou acquérir la capacité de réussir à nous plonger dans un travail – ce qu’on appelle dans le jargon professionnel le deep work – est pour lui un défi central. Nous devons avoir la compétence de décider si l’on se laisse distraire ou si l’on se plonge dans le travail », souligne Hartmut Schulze.

Les compétences que les nouveaux travailleurs nécessitent de nos jours sont de plus en plus déjà transmises à l’école. Ainsi, dans nombre d’écoles primaires, on travaille désormais dans des paysages didactiques (cf. « Du paysage didactique au Dancing Office ». En outre, le plan d’enseignement 21 (Lehrplan 21) met un accent fort sur les compétences. La Haute-école est également en train de développer des offres en la matière, comme par exemple le CAS « Psychologie du travail flexible et agile » .

La technique est là

Martin Schepperle est Head of Collaboration and Workplace chez Tamedia. Il veille à ce que les collaborateurs aient les outils de travail informatiques nécessaires. Martin Schepperle travaille lui-même partout, là où il se trouve sur les différents sites de l’entreprise, à la maison, dans un coworking ou dans le train.

Les outils technologiques pour travailler de manière flexible et mobile existent, déclare Martin Schepperle : « Avec notre ordinateur, nous accédons à l’environnement de l’entreprise et à ses données. La condition sine qua non est une connexion Internet ». Les systèmes informatiques que l’on utilise pour travailler sont en fait évidents. Pour Martin Schepperle, on a en réalité moins besoin de compétences numériques que de compétences d’auto-gestion. Déclarer que l’on n’a pas de connaissances techniques ne compte donc pas.

Certes, c’est le service informatique de l’employeur qui doit veiller à la sécurité des données lorsqu’on est employé. « Toutefois, c’est de la responsabilité des collaborateurs de respecter les directives et d’enregistrer correctement les données », souligne Martin Schepperle.

Pour rester en bonne santé, il faut disposer d’autonomie

« Lorsque je peux déterminer moi-même où, quand et comment je travaille, je vis le travail flexible et mobile plutôt comme un enrichissement », déclare Hartmut Schulze, « lorsqu’il m’est imposé comme une charge ». Au niveau de la psychologie de la santé, on parle de ressource ou de mise à contribution.

L’étude « Travail mobile » de l’institut Fraunhofer (« Mobile Arbeit » uniquement disponible en allemand) arrive à la même conclusion. « Dans le cas du travail mobile, les horaires de travail ressentis comme plus longs perturbant la work-life balance sont compensés par l’impact positif de cette forme de flexibilisation ». Selon cette étude, 90 % des personnes interrogées sont, sur le fond, favorables au travail mobile. Et 86 % des personnes qui peuvent travailler de manière mobile, « voient cette forme de travail comme une possibilité d’améliorer la conciliation entre vie privée et vie professionnelle ». Un obstacle au travail mobile se présente dans la culture de la présence largement répandue. Avec elle est liée la peur que les collègues de travail puissent penser que la personne travaillant de manière mobile utilise cette situation pour moins travailler.

Le manque d’autonomie peut avoir des conséquences sur la santé, comme des troubles psychologiques, de la fatigue et même un burn out. Pour Hartmut Schulze, pour éviter d’y arriver, il est nécessaire que les dirigeants aient la compétence de maintenir un contact raisonnable avec les collaborateurs, même s’ils ne sont plus présents physiquement. En outre, on a besoin de valorisation et d’un renforcement des ressources sociales de l’équipe. Le « deep work » n’est pas seulement exigé pour les collaborateurs individuellement, mais également pour les équipes. Si l’on parle de « deep work », on doit aussi pouvoir parler de « deep family » ou de « deep privacy » selon Hartmut Schulze.

Bien évidemment, la conception de l’environnement de travail contribue également au bien-être des travailleurs s’y trouvant. Promotion Santé Suisse a publié un guide sur le thème de l’environnement de bureaux et Workplace Change management favorables à la santé. Pour que les employés profitent de toutes les possibilités offertes par les environnements de travail modernes et ne regrettent pas leur bureau individuel ou à deux, il faut les intégrer le plus possible lors de la conception de nouveaux espaces de travail.

La contre-tendance arrive-t-elle ?

Comment sera le monde du travail dans dix ou vingt ans ? Martin Schepperle fait le constat suivant : « Etrangement, il semble qu’une contre-tendance au travail flexible et mobile se produit. Plusieurs entreprises se concentrent au niveau de l’espace et construisent de grands complexes dans les agglomérations ». Au vue de cela, Martin Schepperle se demande si l’on va réellement en direction du coworking et du home office, il arrive toutefois à la conclusion que nous en sommes encore loin. « L’évolution est très lente. Je crois toutefois que vu le développement de la technologie l’avenir sera au travail n’importe où ».

Hartmut Schulze pense que le travail mobile et flexible se stabilisera. Il observe toutefois que la présence physique deviendra un bien rare. « Ce bien rare doit être bien organisé dans un monde où l’on travaille de plus en plus avec des machines ». La compétence sociale restera donc dans le monde du travail du futur une compétence-clé.

Hansjörg Schmid

Jeudi, 25. Avr. 2019

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