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Le magazine en ligne d’Employés Suisse

L'association est morte - vive la community !

Si Employés Suisse n'avait pas évolué avec son temps, nous n'existerions pas depuis plus de 100 ans. Les organisations doivent s'adapter en permanence. Découvrez dans cet article à quels défis les associations font face, pourquoi de jeunes organisations comme digitalswitzerland ou foraus ont du succès et comment Employés Suisse veut le garder.

Employés Suisse évolue et s'adapte continuellement à son temps. Afin de pouvoir offrir à nos membres ce dont ils ont besoin aujourd'hui et demain dans le monde du travail moderne, nous avons travaillé, avec nos organisations membres, sur les valeurs, les thèmes et les prestations de la marque Employés Suisse. Découvrez ce que sont ces valeurs dans l'article « Ce qui fait notre différence » en page 29 de notre dernière édition d’Apunto.

Employés Suisse mise aussi beaucoup sur la numérisation. Nous nous y consacrons depuis longtemps et aidons nos membres à évoluer avec succès dans le monde du travail numérique moderne grâce à nos offres et informations. L’organisation se numérise également de manière conséquente. Ainsi, notre communication se fait désormais presque exclusivement via des canaux digitaux. Même Apunto deviendra un produit numérique intégré au nouveau site Internet d’Employés Suisse que nous vous présenterons prochainement.

En outre, Employés Suisse développe en permanence le dialogue avec vous, nos membres, et vous avez de plus en plus d'occasions de participer activement à notre communauté. Lisez notre article « Les médias sociaux en pleine mutation » en pages 27-28 d’Apunto.

Employés Suisse est-elle sur la bonne voie avec ces évolutions ? Pour en juger, nous avons interrogé des experts en associations et en organisations sur les défis auxquels sont confrontées ces dernières. Nous nous sommes également intéressés à la réussite de deux jeunes organisations.

Les associations ont toujours une fonction importante

« Les associations n'ont rien perdu de l'importance fondamentale qu'elles revêtent depuis les prémisses du développement de la civilisation, et en particulier depuis le siècle des Lumières ». C'est l'opinion résolue du professeur Markus Gmür, directeur de recherche à l'Institut pour la gestion des associations, des fondations et des sociétés coopératives (VMI). Pour lui, les associations sont « l'expression de l'engagement de la société civile : des individus, des collectifs existants ou des organisations reconnaissent des préoccupations convergentes et se regroupent au sein d'une association ou d'une fédération, d'une société coopérative ou d'autres formes d'association, unissent leurs forces et travaillent ensemble à la réalisation d'objectifs et s'engagent à se soutenir solidairement dans la résolution de problèmes ». Selon Markus Gmür, elles tirent leur force du fait que ni l'État, ni le marché ne répondent à ces demandes et n'offrent les prestations correspondantes.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes et les associations ont un avenir rose parce qu'elles sont tout simplement toujours nécessaires : le monde n'est pas si simple. Comme il est en constante évolution, les associations classiques sont aujourd'hui confrontées à des défis importants. Outre la problématique du profiteur (les associations s'engagent pour des causes et des objectifs qui profitent à des tiers ou à la collectivité sans qu'ils n'apportent de contribution), Markus Gmür cite l'individualisation, l'économisation et la numérisation comme défis. « L'individualisation a pour conséquence qu'il devient de plus en plus difficile pour les associations de trouver suffisamment de surfaces de recoupement pour les points forts et les priorités dans le travail associatif. Par économisation, j'entends l'attente croissante des membres que les prestations des associations génèrent un bénéfice démontrable. En revanche, de moins en moins d'associations peuvent compter sur le fait que leur existence et leurs activités sont d'emblée considérées comme indispensables. Enfin, la tendance générale à la numérisation conduit les associations à remettre en question leurs structures organisationnelles traditionnelles, la manière dont elles fournissent leurs prestations et communiquent avec leurs membres, ainsi que leurs infrastructures. »

« Toutes les associations n'auront pas leur raison d'être », déclare Andi Huggel, responsable Communication associative chez Stämpfli Communication. Pour lui, le problème réside surtout dans la taille des associations. « Vu leur nombre de membres, elles ne peuvent plus travailler avec succès. Dans le travail politique, elles ne peuvent pas peser suffisamment dans la balance et ont trop peu de ressources pour les relations publiques ». Andi Huggel évoque également l'économisation : « Les évolutions sociétales impliquent que les entreprises et les organisations se positionnent et se mettent clairement avant. Le groupe cible doit être conscient d’où il se trouve et ce que l’association représente et ne représente pas. »

Professionnalisation et concentration sur la quintessence de la marque

Pour relever les défis, les experts en associations Markus Gmür et Andi Huggel proposent diverses mesures. Pour Andi Huggel, la solution au problème de la taille réside dans les fusions et les coopérations. C'est justement dans le domaine de la numérisation que cela se justifie. Il faut également un positionnement et une stratégie clairs, un marketing et une communication professionnels et, bien entendu, une offre cohérente qui ne soit pas interchangeable. « Une association qui a du succès a une bonne image moderne vers l'extérieur et des offres demandées par les membres », souligne Andi Huggel. Pour lui, le principal moyen de communication à cet effet est un « site web sur lequel les gens trouvent rapidement et facilement ce qu'ils cherchent. Ils doivent savoir ce que l'association propose et comment ils peuvent en profiter et y participer ». Pour Andi Huggel, d'autres facteurs importants pour réussir sont le fait d'aller chercher les besoins des membres au moyen d'enquêtes, de fixer des thèmes, de fidéliser activement les membres et de proposer de nouveaux modèles d'adhésion. « Il sera de plus en plus difficile de trouver des gens qui paient une cotisation annuelle sans savoir exactement ce qu'ils reçoivent en échange. C'est pourquoi les adhésions temporaires gagnent en importance. Une personne peut simplement vouloir être membre pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'elle obtienne ce qu'elle voulait. Opération Libero a montré l'exemple. Elle a motivé les gens à adhérer à un thème, à une votation ».

Markus Gmür voit deux options stratégiques pour les associations : « Une voie consiste à essayer de s'adapter en permanence – et idéalement de manière proactive - à l'évolution du contexte. S'efforcer d'offrir aux membres et aux donateurs des services plus personnalisés, plus utiles et plus « numériquement éclairés » et ainsi les convaincre. Une voie alternative consiste à examiner l'offre de prestations sur la base d'une analyse d’utilité pour les membres afin de déterminer lesquelles sont considérées par les membres comme tellement centrales et identitaires qu'elles sont hors de toute discussion ». Markus Gmür met toutefois en garde contre un activisme exagéré : « Ces dernières années, de nombreuses associations ont eu tendance à proposer sans cesse de nouvelles prestations individualisées et promettant un bénéfice immédiat. Mais cela n'a que rarement permis à la base de membres d'être plus satisfaite, seulement plus exigeante. Ce faisant, le noyau identitaire de l'association est devenu de plus en plus flou et la force d'attachement et de mobilisation a diminué ». Le professeur Markus Gmür conseille aux associations de « mettre à nouveau en avant la quintessence de leur marque et de ne pas céder à l'individualisation, mais de lui opposer une orientation ».

Fort grâce à la participation

Les organisations de défense d’intérêts plus jeunes qu'Employés Suisse ont naturellement dû s'adapter dès le début au monde tel qu'il se présente actuellement. Il est donc instructif d'apprendre comment elles s'affirment et d'en tirer des enseignements.

digitalswitzerland est née il y a un peu plus d'un an de la fusion de l'organisation du même nom avec ICTSwitzerland, l'association faîtière de l'informatique (pour plus d'informations, voir ci-contre). « Beaucoup nous considèrent comme une association », déclare Stefan Metzger, directeur de digitalswitzerland. Il considère son organisation comme une initiative dont le but est « d'aider, voire de jouer un rôle pour faire de la Suisse l'une des nations numériques de premier plan. » digitalswitzerland ne reçoit aucune contribution de l'Etat, mais celle-ci serait, aux yeux de Stefan Metzger, la bienvenue, notamment dans le domaine de la formation.

La force de digitalswitzerland réside dans son comité exécutif. Celui-ci n'assume pas simplement la tâche classique d'un comité, mais les personnes qui y sont représentées, issues d'entreprises, d'organisations et de la politique, travaillent activement au niveau thématique. « Chaque membre est co-responsable d'un thème, apporte ses connaissances et aide à mettre le thème en réseau », explique Stefan Metzger. Il en résulte un effet multiplicateur.

Comme il n'est pas toujours facile de montrer aux membres quel est leur « retour sur investissement » (l'utilité de l'investissement) des cotisations, Stefan Metzger souligne que l'adhésion est une sorte de ticket d'entrée. « La valeur pour une entreprise ou une organisation résulte dans la participation aux projets ». Il faut donc apporter soi-même quelque chose à digitalswitzerland pour tirer un bénéfice de son adhésion. La participation est l'élément clé.

Tournée vers l'avenir

En 2009, 50 étudiants qui voulaient « s'engager avec un vent nouveau pour une Suisse ouverte, sans devoir faire le traditionnel travail de Romain dans les partis » ont fondé le think tank foraus (plus d'infos ci-contre). « Nous nous engageons en tant qu'association pour une politique étrangère constructive », déclare le co-directeur Lukas Hupfer pour expliquer le but de l'organisation politique. foraus se veut une plateforme sur laquelle toutes les personnes intéressées peuvent s'engager en dehors de la politique officielle des partis. Les principaux instruments sont les publications et les manifestations. « Nous essayons ainsi d'apporter des idées nouvelles et fraîches dans le domaine de la politique étrangère et, ce faisant, de faire entendre la voix de la jeune génération ». Après tout, la jeune génération est la plus concernée, car le plus longtemps, par les décisions politiques.

Chez foraus aussi, la participation, ici sous la forme d'un réseau de bénévoles, est au centre des préoccupations. « Le modèle du bénévolat est la grande force de foraus », souligne Lukas Hupfer. « Les idées ne viennent pas d'un petit nombre de personnes, mais d'un très grand nombre, et non pas d’en haut vers le bas, mais du bas vers le haut. Nous donnons aux gens la liberté de réaliser leurs idées et les soutenons dans cette démarche ». foraus est entièrement axé sur la participation d'un grand nombre de personnes. La plate-forme est principalement financée par des fondations d'utilité publique.

Pour la participation, foraus utilise l'outil numérique Policy Kitchen (en français : cuisine politique). « On peut y saisir des questions ou des problématiques, que nous appelons challenges (défis), pour lesquelles on peut ensuite élaborer des solutions en commun », explique le co-directeur Darius Farman. A l'avenir, la Policy Kitchen devrait être complétée par une application qui identifie les nouvelles tendances et anticipe les événements. « Nous changeons ainsi d'angle de vue », explique Lukas Hupfer. « Nous ne nous contentons plus de regarder les problèmes existants actuellement, mais nous réfléchissons, au moyen de la « Future App », au monde dans lequel nous voulons vivre dans 20 ans ». Pour son application, foraus mise également sur la participation : « Nous voulons pour cela impliquer non seulement des expert-e-s, mais aussi de larges cercles, afin de pouvoir profiter de l'intelligence collective », explique Darius Farman. Les connaissances acquises grâce à l'application seront ensuite intégrées dans la Policy Kitchen.

Grâce à l'application, foraus se rapprochera de son grand objectif, à savoir devenir le « premier thinktank entièrement numérique de Suisse », dans lequel « toutes les personnes intéressées peuvent se mettre en réseau et s'engager, indépendamment du lieu et du temps ».

Employés Suisse devient un centre de compétences et une community

Si l'on compare la voie qu'emprunte Employés Suisse, décrite au début, avec les déclarations de Markus Gmür et Andi Huggel, on constate que la direction prise est la bonne. Nous plaçons la quintessence de la marque au centre et nous nous modernisons grâce à la numérisation. Nous anticipons les tendances et les évolutions. Nous nous considérons comme un centre de compétences et de services pour toutes les questions relatives au travail.

Mais nous voulons aussi apprendre des organisations plus jeunes que sont digitalswitzerland et foraus et nous voulons davantage compter sur le dialogue avec vous et sur votre participation en tant que membre. Une possibilité intéressante est de faire appel à des membres en tant qu'influenceurs/influences ou ambassadeurs/ambassadrices (Plus d’informations à ce sujet dans notre article). Dans l'esprit du dialogue et de la participation, nous nous considérons comme une plate-forme et une community.

Vous voyez : Employés Suisse ne se présente pas comme une association poussiéreuse qui a manqué le changement, mais évolue au contraire avec l'air du temps. En revanche, une chose n'a pas changé, vous pouvez compter sur nous pour défendre vos intérêts en tant qu'employé-e avec autant d'engagement que jamais et pour être toujours à vos côtés pour vous conseiller et vous aider.

Hansjörg Schmid

Vendredi, 22. Avr. 2022

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digitalswitzerland

digitalswitzerland s'est fixé pour objectif de faire de la Suisse une nation numérique de premier plan. « Le paysage numérique en Suisse est encore très peu coordonné », explique son directeur Stefan Metzger. « Il existe des centaines d'initiatives d'acteurs les plus divers dans les domaines thématiques les plus variés. Nous devons rassembler tout cela, c'est notre grand défi ».

Les groupes cibles de digitalswitzerland sont les entreprises, grandes ou petites, et les organisations publiques comme les villes, les cantons, les associations ou les institutions académiques. Les salariés sont également des interlocuteurs. « Une de nos tâches importantes est d'aller chercher leurs éventuelles craintes », explique Stefan Metzger.

foraus

Le think tank foraus s'engage pour une politique étrangère constructive de la Suisse, parce qu'aujourd'hui, presque toutes les questions politiques, comme la politique climatique, ont un lien avec l'étranger ou des répercussions sur d'autres Etats ou personnes à l'étranger.

foraus est indépendant et n'a pas d'orientation idéologique. Ses membres sont des personnes physiques, surtout des jeunes. foraus a cinq antennes à l'étranger. « Cela permet d'apporter le point de vue d'autres pays », explique le co-directeur Lukas Hupfer.